Vous êtes ici

Note de conjoncture 2020

OBSERVATOIRE DE L'ARTISANAT

Note de conjoncture de l'artisanat Centre-Val de Loire - 5 ème édition

L‘activité de nos entreprises artisanales doit retrouver un rythme de croisière au plus vite !

Après un premier semestre 2020 désastreux pour deux tiers des artisans du Centre-Val de Loire, les attentes au sujet du deuxième semestre sont nombreuses. Malheureusement, au niveau national, des nuages noirs pointent à l’horizon, le sursaut de la vague épidémique, au plus fort de l’été est une source d’inquiétude majeure : répétons que chacun est acteur et responsable pour éviter de revivre l’expérience douloureuse voire traumatisante du printemps dernier. En parallèle, la dégradation du marché du travail est encore à venir. La multiplication des plans de suppressions de postes dans les grands groupes et l’entrée de 700.000 jeunes sur le marché du travail en septembre sont un immense défi pour notre société.

Les ménages sont garants de la croissance de notre économie régionale pour les prochains mois. Ils doivent pouvoir continuer à consommer librement tout en respectant les impératifs sanitaires afin de contenir la COVID-19. S’il faut dégager des éléments positifs pendant le confinement, les Français ont privilégié la consommation locale. Il est souhaitable de poursuivre dans cette voie pour dynamiser les entreprises artisanales productrices et sauvegarder les emplois de nos territoires. Le soutien à l’économie de proximité est indispensable pour garder les artisans au cœur de leur ville, de leur village, ou plus généralement de leur lieu de vie.

Les pouvoirs publics doivent insuffler de la confiance aux consommateurs et aux entreprises, celles-ci ayant besoin de visibilité au sujet des conditions d’exercice de leur activité. Nos TPE-PME ne peuvent pas multiplier les reports, les différés ou s’enfoncer dans l’endettement à l’infini (PGE, Prêt Rebond…). Plus d’une entreprise artisanale sur deux (53%) a eu recours à un ou plusieurs dispositifs publics de soutien. Si la mise en place de ces dispositifs financiers indispensables est à mettre aux crédits des acteurs publics locaux ou nationaux, les entreprises artisanales doivent rapidement retrouver des bases financières plus saines en dégageant un résultat positif.

Mes confrères artisans boulangers, bouchers, menuisiers, électriciens, garagistes, coiffeurs, maçons… gardent leurs portes ouvertes pour accueillir la clientèle et répondre à ses besoins. D’ailleurs, près de neuf artisans sur dix n’ont pas répercuté le surcoût lié à la mise en place des mesures de protection sanitaire dans leur prix de vente.

Enfin, saluons les annonces du gouvernement sur la prime à l’embauche d’un apprenti (jusqu’à 8.000€ pour un jeune), permettant de maintenir la transmission de génération en génération du savoir-faire, d’un maître artisan à son apprenti, malgré un contexte économique morose : une mesure jugée à la hauteur des enjeux par la moitié des artisans.

Je remercie les nombreux artisans qui ont répondu à cette nouvelle consultation, les collaborateurs de la CRMA et les partenaires qui ont contribué à la réalisation de cette note d’analyse économique.

Gérard BOBIER - Président de la Chambre Régionale de Métiers et de l'Artisanat Centre-Val de Loire